Editos

La saison du Théâtre Jean Vilar invite à un large rassemblement dans lequel chacun trouve sa place, au carrefour de toutes les cultures. Que l’art dramatique se montre joyeux ou mélancolique, que la musique se décline en chanson ou en musiques du monde, que la poésie croise le cirque, et la danse le football… le maître mot est ici
« diversité ». Et l’artiste est au coeur de la rencontre, lui qui a plus que jamais besoin du soutien des institutions de son territoire pour pouvoir le faire vivre en retour. Notre souhait est que les artistes d’ici soient soutenus par le théâtre municipal, comme ils le sont par ailleurs au moyen des subventions. Ces artistes, nous les soutenons aussi dans leur combat pour que le régime de l’intermittence soit reconnu pour ce qu’il est : un socle des activités culturelles de notre pays, un droit acquis dans le cadre de la longue lutte sociale qui permit de faire progresser notre Nation vers plus de Lumières. C’est aussi cela la République que nous voulons : une République cultivée et juste avec ceux, artistes et techniciens, qui travaillent à nous élever en Humanité.

Cinq créations seront accompagnées et accueillies cette année. Le théâtre Jean Vilar multiplie les partenariats, bâtit des chantiers avec les acteurs sur le terrain, ceux de l’éducation, de l’insertion, de la prévention, de l’accompagnement social... Il propose des stages et des ateliers. Il continue de s’engager dans la « création partagée », avec deux projets participatifs axés sur le thème, ô combien fédérateur, du football.
Qu’un spectacle soit programmé au zoo de Lunaret en collaboration avec le théâtre La Vignette, que l’Orchestre de Montpellier fasse son entrée dans la programmation, que cinq Maisons pour tous des quartiers de la Mosson, des Cévennes et du Petit Bard, lui ouvrent leurs portes… tout cela montre un théâtre ouvert.

Et cette année, une évolution de la politique tarifaire permet de lever toute barrière financière. Nous avons voulu rendre le théâtre accessible aux bénéficiaires des minima sociaux et aux élèves des écoles de Montpellier pour 1 euro.

Il y a une place pour vous au Théâtre Jean Vilar !

Philippe SAUREL
Maire de Montpellier
Président de Montpellier Méditerranée Métropole
Sonia KERANGUEVEN
Adjointe au Maire, déléguée à la Culture

 

Et si la richesse d’une vie portait non seulement sur ce que l’on peut avoir mais aussi sur ce que l’on peut être ? Si la quête de justice sociale ne se limitait pas à une  question économique mais intégrait au premier chef le partage d’un patrimoine  culturel ? N’est-ce pas la pire des inégalités, la racine de toutes les autres, que d’être exclu du partage des biens culturels ?

Les femmes et les hommes qui, dans l’après-guerre, posèrent les principes du service public culturel se demandaient comment rendre possible le partage de la culture par le plus grand nombre. À l’heure de la profusion, de la diversité, de la relativité des valeurs… les femmes et les hommes d’aujourd’hui ont une question supplémentaire à formuler : que voulons-nous démocratiser ? Un trésor culturel ? Des valeurs immuables, indexées sur le cours de quelque métal inoxydable ? Ou quelque-chose de plus complexe et de moins sclérosé : une richesse faite du monde même, de son mouvement, de son actualité, de sa vitalité ? Et si c’était cela que nous avons à partager : les échanges de cultures – leur diversité, leurs interactions –,le télescopage joyeux des appartenances et des distinctions, des communautés et des individualités ?

Cette saison plonge au coeur de ce mouvement riche de toutes les expressions ; aussi, ne prenons pas le risque de canaliser votre curiosité et contentons-nous d’attirer votre attention sur cinq « créations » réalisées par des artistes d’ici :

« Amer », d’Azyadé Bascunana, est une quête personnelle et familiale,sur un texte commandé à l’auteur Amine Adjina, dont la lecture a laissé entrevoir un spectacle fort.

« Melankholia » de la compagnie U-Structurenouvelle, mis en scène par Mathias Beyler et Stephan Delon, a pour ambition de traiter son thème sans mélancolie. Les premières recherches promettent autant d’épaisseur philosophique que d’humour et de dérision : nous savons ici que nous nous écarterons des sentiers battus.

« Chaîne », chorégraphie hip-hop d’Hamid El Kabouss, entend rendre compte de la résilience que représente la culture afro-américaine par rapport au destin des Afro-américains. Découvert par Montpellier Danse, Hamid El Kabouss enchante par son art du mime chorégraphique.

« Débrayage » de Rémi de Vos, pourra compter sur l’énergie et le talent de la compagnie de l’Astrolabe. Ce texte, qui aborde avec une ironie cinglante le monde du travail, convient parfaitement à l’équipe de choc menée par le metteur en scène Nicolas Pichot.

Une nouvelle commande est passée à l’auteur Nourdine Bara, qui nous avait comblé avec « Et je leur dirais quoi ? » en 2015. Cette fois, l’auteur pailladin, associé au metteur en scène Sébastien Lagord, pose un regard sur « Tous ceux qui errent ».

Enfin, nous vous proposons de découvrir, en écho sur une même soirée, deux créations partagées : « Footwork » d’Hamid El Kabouss, avec des jeunes du quartier adeptes du ballon rond; « Dribble ! » de Félicie Artaud, avec des joueuses de foot de la Mosson et du Petit Bard.

Nous vous laissons le soin de découvrir par la lecture le reste de ce programme, et espérons que vous prendrez autant de plaisir à cette saison que mon équipe et moi avons pris à la préparer.

Frantz Delplanque
Directeur du théâtre