Bienvenue chez vous.

C'est le vœu que je fais en ouverture de cette nouvelle saison du théâtre municipal Jean Vilar : que vous vous sentiez chez vous dans les fauteuils rouges avant le lever du rideau, au comptoir du bar après une pièce mais surtout en feuilletant les pages de ce site pour choisir vos spectacles. C’est l’un des enjeux de la politique que je mène depuis plusieurs années : favoriser la démocratie culturelle. Et cet enjeu est de taille, parce que je suis persuadé que la culture sous toutes ses formes est une aide précieuse à la citoyenneté.
Notre théâtre Jean Vilar est un maillon essentiel de la chaîne que compose l’ensemble de nos équipements culturels. Intégré au territoire, installé au cœur d’un quartier Politique de la Ville, il fait le lien entre les habitants et la création artistique. Sa vocation de rendre la culture accessible et l’excellence artistique à tous est la base de ma volonté de faire de Montpellier une destination culture incontournable.
Lieu de formation et de création, le théâtre Jean Vilar est l’une des composantes de l’incubateur culturel qu’est devenu Montpellier en quelques années. Le temps où Paris, Berlin ou New-York régnaient en maitres sur l’art est révolu. Nous inventons un nouveau modèle où la création régionale rayonne à l’international.

Musique, danse, théâtre pour petits et grands… Profitez de la politique tarifaire attractive de Jean Vilar pour réserver vos places avant qu’il ne soit trop tard.
Bon spectacle.

Philippe SAUREL
Maire de Montpellier
Président de Montpellier Méditerranée Métropole

Un théâtre municipal...

…concerne un territoire, ses habitants, ses forces artistiques. Il contribue à la vitalité culturelle de sa ville. Il s’implique dans la vie sociale, en créant du lien et en portant des symboles d’ouverture de la société tout entière, qui peuvent influer sur le sentiment de cohésion ressenti par les habitants. Cette exigence nous engage, en premier lieu, à rendre compte de l’actualité artistique dans son infinie variété, avec audace et avec passion, en nous appuyant exclusivement sur des « coups de cœur ». Partant de ce constat, il est difficile de faire un tri dans ce qui représente, déjà, un énorme effort de sélection – ah, les douloureux choix au moment de boucler la programmation ! Je m’en tiendrais donc aux propositions qui nécessitent explication : les créations et les spectacles des équipes encore peu connues dans nos contrées.

L’étrange performance qui ouvre la saison, 4x10, marque le retour de l’École Nationale Supérieure d’Art Dramatique sur la scène du théâtre Jean Vilar. Ce marathon futuriste pour dix étudiants acteurs, constitué de quatre spectacles autonomes, fait suite au « 4x11 » dont l’originalité et la vigueur nous avait enchantés il y a deux ans. 
Le douloureux mais magistral Vivre constitue aussi une expérience peu commune : un homme refuse d’abdiquer son humanité face au terrorisme… et l’enjeu est tel que l’auteur/metteur en scène a décidé de briser les conventions en laissant son comédien s’émanciper de toute distance. Dans un style plus ironique, il est fortement recommandé de ne pas passer à côté des Déclinaisons de la Navarre, exercice de style chorégraphique qui met en scène l’animalité burlesque d’un couple hypnotisé par un film de série B. Toujours avide de gaieté, on peut se précipiter sur l’hilarant Folamour, transposition au théâtre du film de Stanley Kubrick à une vitesse supersonique. Parmi les œuvres de répertoires portées par des équipes jeunes et inventives, il ne faut pas manquer Iliade, qui initie un diptyque dont le second volet Odyssée sera donné au Domaine d’O, notre allié dans cette aventure homérique. Parmi les concerts, la soirée hommage à Matthieu Côte ouvre le festival Les Nuits du chat avec la ferveur que l’on doit à un ami disparu dont l’insolence vous oblige. Enfin, la programmation jeune-public justifie à elle seule l’abonnement : elle porte une poésie dont les adultes auraient tort de se priver.

Notre établissement doit beaucoup de sa vitalité à l’implication des artistes : leur activité au sein de notre théâtre constitue le socle de permanence artistique dont nous avons besoin pour insuffler l’esprit des lieux. Pour cette saison, quatre projets sont coproduits et accueillis en résidence : dans Après la neige, la compagnie Les Nuits Claires traitera de la difficile question de la survie après une catastrophe nucléaire. La lecture du texte d’Aurélie Namur et notre confiance en cette compagnie, nous font espérer une création poétique, axée sur la puissance des liens affectifs et la force de vie inaltérable des enfants, qui seront d’ailleurs présents au plateau. Écho d’une création partagée réalisée au théâtre lors de laquelle Le Primesautier Théâtre a rencontré le Pailladin Soufyan Heutte, Mes poings sur les i prend appui sur son premier roman. Portrait inattendu d’un exclu inventant contre les préjugés sa propre sagesse, le texte sera joué par l’auteur lui-même. Cette prise de risque ne pouvait venir que d’artistes aussi subtilement engagés qu’Antoine Wellens et Virgile Simon.
Dans la farine invisible de l’air regroupe cinq femmes clowns autour de Sandrine le Métayer, dramaturge qui a pour le clown de hautes ambitions artistiques ; la création musicale de Fixi les accompagne dans ce qui s’annonce une belle « dinguerie poétique ». Avec son titre à couper le souffle, Fais que les étoiles me considèrent davantage, la nouvelle création de Jacques Allaire s’annonce comme un événement de premier plan. Une réflexion philosophique sur la figure de Zarathoustra, associant l’auteur Hakim Bah, avec cinq acteurs au plateau et une scénographie que nous attendons comme une apparition. Avis aux amateurs !

L’une des dimensions de notre projet demeure la démocratie culturelle. Elle est bien sûr inscrite dans notre quotidien et celui des habitants qui partagent les activités du théâtre. Elle devient visible lorsque nous sortons de nos murs avec la complicité des Maisons pour tous (Genre de clowns) ou du Musée Fabre (L’Origine du Monde). Elle se laisse deviner aux salles pleines d’enfants et de jeunes gens. Elle est perceptible au Bar, désormais ouvert à la diversité culturelle et aux pratiques amateurs. Mais, cette démocratie culturelle, nous avons voulu, depuis plusieurs années, en porter l’emblème de manière encore plus visible. C’est le sens des « créations partagées », où nous jouons la réconciliation sociale, que nous mettons en scène et offrons à la contemplation de tous, en réparation symbolique de tous les dommages causés à chacun par le manque de fraternité. Cette saison, nous avons sollicité Julien Guill, artiste à l’engagement sincère, qui nous propose un projet participatif autour de Molière, Amphitryon, dont les habitants du quartier et d’ailleurs seront invités à s’emparer. Que les habitants d’ici sachent que Molière leur appartient et qu’ils peuvent compter sur lui, n’est-ce pas en soi rassurant ?

Ensemble à la recherche d’une fraternité que nous aurons plaisir à regarder s’épanouir dans notre théâtre, dans notre quartier, dans notre ville : telle est la belle saison que je vous souhaite à toutes et à tous !

Frantz DELPLANQUE
Directeur du Théâtre Jean Vilar